Archives mensuelles : novembre 2014

Ne renonçons pas

Lors des élections municipales, contrairement, aux orientations des listes conduites par Jean-Jacques de Peretti et Romain Bondonneau, nous avions mis en avant le lien permanent entre la politique nationale et ses répercussions directes à l’échelon du Sarladais. Hélas, nous vérifions de semaines en semaines, la justesse de notre argumentation.
En effet, 150 000 euros en moins de dotation de l’Etat à la commune en 2014 et une baisse annoncée de 360 000 euros en 2015. Cette diminution s’inscrit dans les 11 milliards d’euros de réduction décidés par le gouvernement sur le dos des collectivités territoriales.
Ces choix sont le résultat de politiques des gouvernements successifs de droite comme du Parti socialiste. Prétextant la dette, ils sont en train méthodiquement d’offrir les services publics au privé et de marchandiser toutes les activités humaines (éducation, santé, transport, énergie,…)
Dans cette logique d’austérité, la majorité municipale annonce qu’elle aura recours à la privatisation de certains services comme la menuiserie et la peinture. Le maire cache cette réalité sous le nom d’externalisation.

De plus, pour combler ce manque de recettes, on assiste localement à une hausse des taxes et tarifs (parking, droit de place des commerçants, transport et cantines scolaires, taxe d’équipement pour les entreprises,…) et à des diminutions de subventions accordées à certaines associations, à l’instar de la galerie d’art « Athena » qui a vu la sienne supprimée.

Autre conséquence dramatique en matière d’emploi et d’activité économique : la quasi absence d’investissements en dehors de la médiathèque qui relève du budget de la communauté de communes. Lorsque l’on sait que 73 % des investissements sont réalisés en France par les collectivités territoriales, on est en droit de s’inquiéter pour les projets d’avenir. Demain, va t-on nous proposer de vendre du patrimoine communal pour trouver des finances ?

Tous les courants politiques présents au conseil municipal déplorent cette situation mais à entendre la majorité et les élus du P.S, il s’agirait d’une fatalité sur laquelle on n’aurait plus prise. Ce n’est pas notre opinion. La France n’est pas en faillite. Les profits des grosses sociétés et les dividendes de leurs actionnaires sont en hausse constante. Le trou de la Sécurité sociale est évalué à 13 milliards d’euros alors que les cotisations non perçues s’élèvent à 22 milliards du fait d’exonérations et du non paiement.

Selon nous, les communes en s’appuyant sur la population doivent résister face à cette offensive. C’est le sens de notre proposition lors du dernier conseil municipal lorsque nous avons présenté les effets directs du traité transatlantique (TAFTA) sur la maîtrise locale du développement agricole, industriel, écologique, culturel de notre territoire. Si ce traité venait à être ratifié, il serait la pyramide des politiques d’austérité nationale. Sous prétexte de la liberté d’entreprendre, une multinationale pourrait par exemple exploiter le gaz de schiste alors qu’en qu’en avril 2013 la communauté de communes Sarlat/Périgord noir a voté contre à l’unanimité.

Pour ce faire, la multinationale pourrait faire appel à une nouvelle juridiction internationale privée, au dessus de tous les tribunaux nationaux et européens existants. Cette instance arbitraire obligerait les décideurs locaux à accepter l’implantation de l’entreprise ou à payer à cette dernière des amendes compensatoires faramineuses. Le maire, Jean-Jacques de Peretti, a accepté le principe d’une commission de travail visant à rédiger une motion plaçant symboliquement Sarlat la Canéda en dehors de ce traité transatlantique et demandant aux parlementaires et au Président de la République de ne pas le signer.

Au delà de cette action, tant sur des projets locaux (plan de déplacement urbain, avenir de l’école, maintien d’un centre hospitalier public, type de développement touristique, circuits courts de production alimentaire, …) que sur les moyens de résistance, rien ne pourra être à la hauteur de ces enjeux de société sans la réflexion et l’action conjointes des élus et des citoyens, soucieux de satisfaire les besoins humains fondamentaux.

Anick le Goff, Franc Champou, conseillers municipaux d’opposition ( liste Sarlat un avenir à gauche)