Chacun prendra ses responsabilités (F.Champou)

Contribution personnelle et publique.

Franc Champou

Militant à ‘’Ensemble-Front de gauche’’.

Conseiller municipal à Sarlat (Dordogne) sur une liste comportant 1/3 d’encartés, liste soutenue par le Front de Gauche et le NPA

Adresse mail : franc.champou@gmail.com

Sarlat, le 11 juin 2014

Chacun prendra ses responsabilités

Première partie : Analyse de la situation

La mondialisation capitaliste est un projet politique fondé sur le développement et l’accélération de l’accumulation des richesses entre les mains d’une minorité qui détient le pouvoir économique, financier, politique, militaire et médiatique à l’échelle planétaire.

Même si le dogme libéral se fonde sur la libre concurrence entre les firmes de production et de distribution, toutes s’accordent globalement depuis des décennies (Via différents traités) sur un cadre juridique qui permet la mise en place de règles favorisant l’exploitation démesurée des ressources naturelles (minéraux, flore, faune) et de la force de travail des humains, avec comme but l’enrichissement d’une minorité au détriment de l’immense majorité de la population sur l’ensemble des continents. Le Grand Marché Transatlantique (G.M.T) constitue ainsi une étape supplémentaire dans ce processus de dictature financière attaquant encore plus les droits sociaux, les revenus, les services publics, les droits démocratiques et les maigres normes de protection environnementale, sous couvert d’empêcher toutes entraves à la libre concurrence des multinationales. Cf. notamment les conférences de Raoul Marc Jennar du 22 mars 2014 (https://www.youtube.com/watch?v=3AHE56uq4MU)

Cependant, dans le cadre de cet accord général sur leur droit autoproclamé de découper le gâteau en famille, les puissances capitalistes nationales se livrent une âpre compétition entre elles. Il en va ainsi des frictions guerrières opposant la Russie et l’Union Européenne sur le terrain de l’Ukraine, de l’impérialisme Chinois sur le marché du textile en Europe, des tentatives de l’administration Obama de réaffirmer à nouveau le leadership nord américain sur les ressources du continent sud américain,…

Le capitalisme pour survivre a besoin de producteurs (la mécanisation ne fait pas tout) et de consommateurs capables d’acheter les produits et les services. Ainsi des centaines de millions de travailleurs sont surexploités dans le monde. Beaucoup sont réduits à un statut proche de l’esclavagisme et tentent de survivre (salaires de misère, conditions de travail et d’existence épouvantables, impossibilité de changer de vie sauf à tenter pour certains de grossir les rangs de l’immigration avec son cortège de drames humains).

En Europe et aux Etats-Unis d‘Amérique, les salariés voient de plus en plus leur pouvoir d’achat diminuer afin d’accroître les profits par une baisse du cout du travail, maintenant les salaires à un niveau plancher qui permet cependant aux femme et aux hommes de ces pays de continuer à acheter pour vivre de produits fabriqués à bas couts, souvent de qualité médiocre et dangereux pour la santé lorsque l’on aborde par exemple la question de l’alimentation liée à l’agrobusiness.

Le développement du crédit bancaire servant bien sûr à l’enrichissement des organismes financiers, à la consommation boostée par la publicité mais aussi à créer une dépendance des particuliers au système dans lequel la menace du chômage hante tous les esprits et limite le champ des revendications sociales.

En France, l’armada de contrats précaires et le système social de protection à défendre (Assedic, Sécurité sociale, allocations logement, R.S.A,…) servant à exclure du travail des pans entiers de femmes et d’hommes tout en leur permettant de consommer un minimum pour survivre, de ne pas se révolter et de servir d’épouvantails aux yeux des travailleurs en C.D.I maintenus à l’intérieur d’une clôture jusqu’à nouvel ordre de licenciements.

Certains gouvernements comme en Grèce, en Espagne ou au Portugal n’hésitant pas à généraliser la pauvreté à une très large partie de la population et à répondre de la sorte aux exigences de la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) qui sous couvert d’aménagement du remboursement de la dette ou de lignes de crédit supplémentaires demandent en contrepartie de brader les services publics aux secteurs privés, d’abaisser les salaires et les retraites, d’instaurer une santé et une éducation à deux vitesses,…

Le mythe de la croissance sans limite ne dupe plus personne. Exploiteurs, pollueurs et leurs serviteurs aux gouvernements savent qu’ils conduisent la civilisation humaine à des catastrophes planétaires et à la barbarie, voire à sa disparition (Déforestation massive, réchauffement climatique, pollution, accidents de centrales nucléaires, surconcentration urbaine, désertification rurale, famines, paupérisation, épidémies, maladies liées au mode de vie et de consommation, marchandisation de tous les aspects de la vie via les privatisations notamment, terrorisme, intégrismes religieux, guerres).

Cette recherche du profit maximum à court terme s’accompagne de leur part d’une anticipation des effets négatifs dans le but de protéger leurs seuls intérêts vitaux. C’est-à-dire que la classe dominante prévoit sa survie. Afin de maintenir cet équilibre entre producteurs et consommateurs nécessaire au fonctionnement capitaliste, de mater les révoltes (sociales, culturelles, religieuses, interethniques, nationalistes) ou les révolutions à venir, d’assurer la continuité de la classe au pouvoir face aux bouleversements (migrations climatiques, délinquance urbaine, mafia, attentats, conflits pour la main mise sur les matières premières et les réserves en eau), les dirigeants financiers et politiques mettent en place des mesures antidémocratiques et de coercition accrue (Limitation du droit de grève et de manifestation, criminalisation des mouvements sociaux, surveillance de la vie privée, ghettos dans les mégapoles, bunkerisation des quartiers riches, polices municipales armées et développement des sociétés de vigiles, entrainement des forces de répression à la guérilla urbaine, moyens militaires sophistiqués, non respect du non majoritaire lors du referendum sur le Traité constitutionnel européen, non consultation par referendum sur le G.M.T, reproduction d’une caste d’élites, éloignement des centres de décision via l’intégration européenne et la réforme territoriale en France contournant l’Etat au profit de grandes régions en lien direct avec la politique de Bruxelles,…) et transforment la plupart des médias en chiens de garde de l’idéologie dominante qui façonnent les esprits.

Face à la contradiction majeure entre l’augmentation exponentielle de la population (Entre 1900 et 2000, selon les estimations de l’O.N.U, la population de la planète est passée de 1,65 à 6,06 milliards d’hommes et dépasse les 7 milliards depuis 2011), aux bouleversements climatiques, aux limites des ressources naturelles et à l’impossibilité pour le système capitaliste d’envisager de réconcilier Nature et culture, sous peine de se faire harakiri, des dirigeants politiques des puissances économiques envisageront très certainement, tôt ou tard, l’usage massif d’armes chimiques ou bactériologiques. Pour décimer des millions d’êtres humains et relancer l’économie, les faiseurs de guerres ont su dans l’Histoire moderne développer l’industrie d’armement, détruire et reconstruire avec les survivants. Gardons en tête que depuis août 1945, le peuple japonais a subi le premier l’usage à deux reprises de la bombe nucléaire. Qu’en serait-t-il demain d’un conflit mondial ou même régional lorsque l’on connait la puissance de feu capable d’éliminer toute présence humaine sur Terre ?

En France, dans le cadre de la Vème République, la personnalisation de l’élection présidentielle, un mode de scrutin à deux tours pour désigner les députés et des sénateurs non élus au suffrage universel direct, ont assuré durant des décennies une stabilité des institutions bourgeoises à partir d’une alternance entre la droite Républicaine (U.D.F, R.P.R, U.M.P) et la gauche social-démocrate (Union de la gauche sous toutes ses formes).

Au fur et à mesure, U.M.P et P.S pour l’essentiel ont intégré le pays dans la construction d’une Europe capitaliste, avec pour la première l’abandon croissant à la référence gaulliste (pacte social et républicain, nation, indépendance militaire de la France) et pour le second une transformation de la pensée social-démocrate (services publics, système de solidarité sociale, égalité d’accès au système éducatif, laïcité, relance de la consommation par une augmentation du pouvoir d’achat, retraite à 60 ans, partage du temps de travail, droit de vote des immigrés,…) en social libéralisme dans lequel le rôle de l’Etat joue de moins en moins une fonction d’atténuation des inégalités sociales.

Le Président François Hollande manquerait-il de courage pour affronter le capital ? En fait il s’agit de comprendre que l’orientation de la direction du P.S correspond à la volonté idéologique du gouvernement d’appliquer une politique de droite. Dès lors, supplier la direction du P.S et la quasi-totalité de ses élus en espérant l’inciter à changer de cap ne sert qu’à entretenir des illusions, à produire des déceptions et à faire perdre du temps au mouvement social, à la gauche non gouvernementale dans l’élaboration d’un rapport de force, tant sur le terrain des luttes que sur celui des élections.

Cette apparente stabilité institutionnelle de la Vème République jusqu’à ce jour s’est doublée, à la manière d’un pré gardé, d’une reproduction imperméable des élites dans les instances du pouvoir économico- financier, dans celles de l’Etat et dans l’appareil politique. Le seul souci majeur de la plupart des élu(e)s de ces partis dominants étant d’assurer leur réélection à tous les niveaux, de la commune, en passant par les départements et les régions, jusqu’aux parlements (national et européen) ou à la présidence de la République. Cumul des mandats, faible renouvellement du personnel politique, corruption, affaires, promesses électorales non tenues, illustrent ce phénomène de caste dirigeante au service d’une classe dirigeante, très éloignée des préoccupations quotidiennes du peuple. Un des éléments constitutifs de la définition de la bureaucratie étant l’adaptation de sa pensée politique et de ses idéaux à ses propres intérêts matériels.

La combinaison entre une orientation politique ressemblant de plus en plus à deux faces d’une même pièce de monnaie frappée du sceau de l’austérité et ces pratiques politiciennes ont débouché sur le phénomène massif des abstentionnistes, au rejet de l’U.M.P.S pour reprendre le triste slogan du Front National qui tire son épingle du jeu.

Par le vote, une majorité de français a chassé Nicolas Sarkozy de la présidence de la République sans imaginer un seul instant que François Hollande conduirait une politique de gauche.

 Le mariage pour tous ressemble à un îlot perdu dans un océan de renoncement aux valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité, pour qui espérait du gouvernement et du Parlement (le P.S disposant pourtant de la majorité à l’assemblée Nationale et au Sénat) qu’ils fassent de nombreuses réformes progressistes sur les questions sociétales. Emmanuel Valls expulsent les immigrés sans papiers, refuse toujours le droit de vote des étrangers résidents, stigmatise les Roms le 24 septembre 2013 sur France Inter : ‘’Les Roms sont des populations qui ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation ». Le premier ministre se couche comme son prédécesseur devant les manifestations de la droite, des intégristes catholiques et autres réactionnaires. Sans respect aucun pour le principe de laïcité, il se rend officiellement au Vatican aux cérémonies de canonisation.

Ainsi, à l’issue des élections européennes, avec la victoire du F.N (pourcentages, voix, élus municipaux, à l’Assemblée Nationale et au parlement européen, implantation sur le territoire en milieu rural et à la périphérie des grandes villes, vote d’adhésion et non de simple rejet, soutien du F.N par de larges franges de la jeunesse, des chômeurs, des ouvriers, des employés, des petits commerçants et artisans, médiatisation), cet équilibre entre ces deux grands partis institutionnels et d’alternance (U.M.P et P.S) vient d’être rompu.

A présent et pour les années à venir, le paysage politicien va se recomposer. L’accès du F.N à la direction du pays devient plausible à moyen terme. La victoire possible de Marine Le Pen aux prochaines élections présidentielles ne relève pas d’un fantasme, pas plus qu’un raz de marée frontiste aux élections à la députation et une implantation supplémentaire aux régionales. Ouvrant de là l’élaboration d’une politique autoritaire à partir de décrets ou de lois que le Sénat républicain pourra peut-être freiner un temps sans avoir les moyens institutionnels de les repousser en dernier ressort.

Par conséquent, l’U.M.P risque fort de se diviser entre d’une part une aile minoritaire attirée par les louages nationalistes du F.N et capable de le rejoindre, d’autre part un courant voulant singer les thèses sécuritaires et racistes frontistes sans remettre en cause la construction libérale de l’Europe. Pour finir une majorité républicaine à l’U.M.P cherchant activement l’alliance avec les centristes du MODEM tout en gardant en tête de faire sauter les acquis sociaux et les libertés individuelles, animée par une idéologie conservatrice dans le cadre d’une économie libérale. C’est le sens de la déclaration de Jean-Pierre Raffarin favorable à une candidature unique de la droite et du centre en 2017. Une stratégie d’alliance pouvant assurer une victoire de la droite traditionnelle aux scrutins nationaux.

Dans l’éventualité d’un second tour des présidentielles entre Marine Le Pen et le candidat de l’U.M.P, il est évident que le désistement républicain ne fonctionnera pas de la même façon qu’en 2002 où une immense majorité d’électrices et d’électeurs de gauche et d’extrême gauche a fait barrage à Jean-Marie Le Pen en votant pour Jacques Chirac. Comment pourrait-il en être autrement à cause de la politique d’austérité conduite par les gouvernements successifs de Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls ?

En matière de désistement républicain, n’oublions pas également les déclarations de feu Jean-François Copé, lors d’élections partielles ou locales opposant au second tour le P.S et le F.N. Selon lui et au nom de son parti, la consigne de vote de l’U.M.P devait se faire au cas par cas. Ainsi, si l’ascension du F.N se confirme, l’U.M.P en l’état n’est plus certaine de gagner au second tour face à Marine Le Pen.

Quant aux déclarations du Président de la République et du chef du gouvernement à l’issue des élections municipales et européennes…elles sont sans appel ! Malgré une défaite historique du P.S, ils continuent la politique d’austérité en prétendant que seule une Europe libérale et l’accélération des réformes structurelles (capitalistes) permettront la relance de la croissance, de l’emploi et donc de gagner la confiance des brebis égarées au Front National et des abstentionnistes. Or cette politique inégalitaire gonfle les rangs des abstentionnistes partout en Europe et y favorise l’ascension de l’extrême-droite et des fascistes (Notamment e France, au Danemark ou en Grande-Bretagne), qui obtient 140 députés au Parlement européen.

La baisse des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales ressemble à du pain béni permettant d’accélérer les privatisations des biens immobiliers communaux et des services publics locaux, de licencier le personnel contractuel ou de ne pas remplacer les départs à la retraite. La qualité des services rendus à la population va se dégrader et les inégalités entre régions riches et régions pauvres vont s’accroître, brisant définitivement le principe de péréquation nationale. La direction du P.S va donc s’empresser elle aussi de courtiser à nouveau le centre et tenter ainsi de limiter les dégâts électoraux, en vain.

Cette direction nationale du P.S combat les pauvres au lieu de combattre la pauvreté ! Aujourd’hui l’appareil central du P.S n’est plus de gauche, tout comme en son temps la direction du parti stalinien de l’U.R.S.S ne fut plus communiste. Cadres et militants sincères de cette organisation doivent en tirer les conclusions. Leur parti ne peut être redressé. Ils doivent nous rejoindre ou au moins s’organiser en dehors du P.S.

‘’L’appel dit des 100 parlementaires du P.S’’ ne va pas dans ce sens. Christian Paul, député de la Nièvre, prépare une série de contre-propositions. Il considère clairement que cette démarche n’est pas celle d’une opposition interne ou visant à une scission au P.S. Il ressort une fois encore le verbiage, entendu depuis plus de trente ans, de l’équilibre entre le soutien nécessaire aux entreprises et le soutien au pouvoir d’achat, refusant certes que les 50 milliards d’euros d’économies servent au soutien des entreprises par des baisses de prélèvements et d’impôts que l’on va financer par des pertes de pouvoir d’achat.

 Mais en rejetant par ailleurs une orientation visant à s’attaquer aux profits du capital dans le but de redistribuer les richesses et de tourner l’économie vers plus de satisfaction des besoins humains fondamentaux, cette ligne interne au P.S est sans lendemain, même d’un point de vue réformiste. Aucune relance de la consommation par une augmentation du pouvoir d’achat ! Aucune relance de l’économie par un plan organisant des grands travaux capables de créer des emplois et des investissements d’utilité sociale ! L’économiste John Keynes doit se retourner dans sa tombe !

Cette fronde des 100 élus du P.S se fixe comme objectif tactique d’essayer de relancer une union de la gauche entre le P.S, les Verts, le P.C.F, le P.G et Nouvelle Donne. L’Histoire depuis plus 30 ans, nous a montré l’impasse de cette stratégie d’une gauche ne répondant pas aux attentes sociales, aux urgences environnementales et ne s’opposant pas frontalement au pouvoir financier dans le cadre de la domination et de l’offensive majeure du capital et des théories monétaristes.

Quant au courant interne, à la gauche du P.S ‘’Un Monde d’avance’’ il voit bon nombre de ses militants s’interroger sur la suite à donner. Entre Benoît Hamon, cofondateur de cette tendance, qui a intégré le gouvernement social-libéral et Henri Emmanuelli s’étant abstenu lors du vote de confiance de la nouvelle équipe conduite par le premier ministre Manuel Valls. Ces militants se demandent s’ils peuvent peser pour réorienter la politique de droite du gouvernement actuel, en direction d’un programme réformiste. Sur le terrain, ils s’opposent au G.M.T, cherchent à participer à une dynamique unitaire et citoyenne pour repousser ce traité capitaliste. D’autres se demandent si le moment n’est pas venu de penser l’avenir de la gauche en dehors du P.S.

L’initiative du club ‘’des socialistes affligés’’ de réunir à ses côtés, en ce début du mois de juin 2014, des représentants de l’aile gauche du P.S, du Front de gauche, des écologistes, permet d’échanger des points de vue sur l’analyse de la période et sur les perspectives. Elle illustre surtout le fait que la gauche non gouvernementale est à la croisée des chemins. Doit-elle travailler à l’émergence d’une alternative au capitalisme ou participer à refonder une gauche organique, regroupant sur des principes généraux et quelques mesures immédiates timides, courants révolutionnaires et courants réformistes ? Refaisant ainsi le congrès de Tours de 1920 à l’envers. Congrès qui vit s’opérer la scission de la Section Française de l’Internationale Ouvrière (S.F.I.O) et la naissance du futur P.C.F.

La mondialisation capitaliste dispose de multi-visages : Etats-Unis-Canada-Europe occidentale/Japon-Corée du sud/Inde/Ex pays du bloc stalinien d’Europe de l’Est reconvertis au capitalisme/Chine stalinienne combinant bureaucratie dictatoriale, économie capitaliste, impérialisme en Afrique par l’acquisition de terres agricoles et minières, exportations massives de produits manufacturés, investissements infrastructurels comme le projet de canal au Nicaragua reliant les océans Pacifique et Atlantique en contrepartie d’une concession accordée durant 50 ans au minimum.

Face à elle, les résistances sont universelles : Mineurs d’Afrique du Sud, ouvriers du textile en Chine, peuples premiers du brésil contre la déforestation et les barrages hydrauliques et grèves urbaines contre les gaspillages dans la création de stades lors de la coupe du monde de football, étudiants canadiens contre l’augmentation des frais universitaires, marches contre l’austérité dans toute l’Espagne, révolutions arabes, actions des paysans et faucheurs volontaires en France contre les cultures d’ O.G.M.

Les résistances et avancées dans des pays comme la Bolivie, l’Uruguay, l’Equateur, le Venezuela, Cuba, sont capitales car elles améliorent les conditions de vie des populations concernées mais elles ont aussi valeur d’exemple international : Socialisation des ressources énergétiques, réforme agraire, droits des minorités ethniques, répartition des richesses, droits sociaux, contestations de la dette au F.M.I, expériences de démocratie directe, articulation entre réformes et processus révolutionnaire.

L’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique – Traité de commerce des Peuples (ALBA ), organisation politique, sociale et économique pour promouvoir l’intégration des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes s’est construite sur les principes de solidarité, de complémentarité, de justice et de coopération. Elle s’est mise en place en réaction à l’Accord de libre-échange nord-américain, traité de 1994 créant une zone de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Depuis la fin des années 90, le mouvement altermondialiste, dans sa diversité, a permis de donner une nouvelle dimension internationaliste aux résistances populaires à la mondialisation capitaliste :

Appel intitulé ‘’La quatrième guerre mondiale a commencé » du sous commandant zapatiste Marcos au Chiapas mexicain paru en août 1997 dans « Le Monde diplomatique », (http://www.monde-diplomatique.fr/1997/08/MARCOS/4902),

Expérience de démocratie participative à Porto Alegre au Brésil,

Fondation d’A.T.T.A.C en 1998,

Rassemblements importants contre le G8 et le G20, Regroupements comme Via Campesina dont la Confédération Paysanne fait partie,

Mouvement des indignés,

Manifestations syndicales unitaires et européennes contre l’austérité,…

De plus, le long travail durant des décennies des différentes composantes écologistes a aidé à ancrer une prise de conscience citoyenne très large sur les questions environnementales et à pousser aussi la gauche de la gauche à intégrer dans ses programmes cette dimension majeure : Il n’y a pas d’écologie véritable sans dimension socialiste, ni de socialisme possible sans dimension écologique. C’est l’écosocialisme !

A ce titre, le récent départ du gouvernement français (Voté majoritairement) d’Europe Ecologie-Les Verts (EE-LV) n’est pas que tactique. Il correspond à un désaccord sur la politique d’austérité conduite. Il incarne le manque d’ambition d’un programme national de transition énergétique. Il concrétise des désaccords constatés sur le terrain des luttes à l’instar du projet d’aéroport de Notre- Dame-des-Landes. Il entérine le constat qu’un satellite du P.S ne peut infléchir de l’intérieur du gouvernement l’orientation social-libérale.

Alors que les Verts se prononçaient en faveur du Traité constitutionnel européen (T.C.E) lors du referendum du 29 mai 2005, neuf ans plus tard, ils sont contre le Traité transatlantique qui participe de la même logique. Ils s’interrogent entre divers courants, dont un droitier autour des adeptes du libéralisme économique comme Daniel Cohn-Bendit ou le sénateur Jean-Vincent Placé, demandant une alliance avec le P.S et le MODEM centriste. A l’autre bout, une aile gauche qui a participé à la manifestation nationale contre l’austérité le 12 avril 2014 à Paris à l’initiative du Front de gauche et du N.P.A.

Sans oublier sa victoire électorale à Grenoble avec son allié du Front de gauche, le recul d’Europe Ecologie-Les Verts (EE-LV) aux européennes devrait inciter des débats d’orientation en son sein dont il est impossible aujourd’hui de prévoir l’issue. La question de fond restant à trancher. A savoir comment peut-on réclamer une réorientation écologiste de la société tout en restant attaché au dogme libéral engendrant le productivisme, renforçant les lobbies des énergies fossiles , encourageant la dérèglementation des normes environnementales et provoquant des catastrophes écologiques ?

Les résultats obtenus lors des élections européennes par la gauche radicale permettent au groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (G.U.E/N.G.L) de progresser sensiblement, passant de 35 à 53 députés au parlement à Bruxelles. Même si le résultat global reste largement insuffisant eu égard à l’urgence politique ! Emmenée par Alexis Tsipras, la coalition Syriza arrive en tête en Grèce avec 26,5 % (7 élus). L’autre gauche espagnole totalise 18 % entre l’alliance communiste Izquierda Plural (10 %, 6 élus) et le nouveau parti proche du mouvement des Indignés, Podemos (8 %, 5 élus). La gauche alternative remporte aussi 17 % au Portugal. Elle retrouve aussi une représentation parlementaire européenne en Italie, avec 3 élus de la coalition Autre Europe, 3 élus en France grâce au Front de gauche.

Ce constat européen et mondial de la résistance anticapitaliste, aux formes multiples et complémentaires, contribue à maintenir un rapport de force, même si ce dernier est en faveur de la classe dirigeante. Cependant, en l’absence de projet alternatif de société, face à l’urgence écologique et à l’ampleur de dégâts sociaux, cette prise de conscience de l’opinion publique entraîne chez la plupart des gens une sorte de sentiment d’impuissance, de fatalisme, de résignation, d’autant plus que le bilan historique et idéologique capable d’expliquer la différence entre stalinisme et communisme est loin d’avoir été tiré dans la gauche internationale et dans le public, suite à la disparition de l’U.R.S.S et de ses satellites.

A ce sujet, il suffit de constater le peu de débat sur la caractérisation du régime dictatorial actuel de la dite République Populaire de Chine combinant développement capitalisme de son économie, pollution environnementale, surexploitation des travailleurs, violation des droits de l’homme, parti unique, corruption, colonisation du Tibet d’une part et d’autre part les symboles communistes du drapeau national, rouge et étoilé.

Plus que jamais géopolitiquement, nous sommes confrontés à une course de vitesse entre deux grands choix de société. D’un côté trois types de dictatures à la fois concurrentes et complémentaires : La dictature financière du système libéral de droite, d’extrême-droite ou social-libéral ; le fascisme nationaliste ; le stalinisme du régime chinois. De l’autre côté, le nécessaire renversement de perspectives tournant l’économie vers la satisfaction égalitaire des besoins humains fondamentaux en réconciliant la nature et l’Humain….c’est à dire un projet de civilisation écosocialiste. Un projet capable de changer le réel mais aussi de permettre d’imaginer, de rêver, de fantasmer, d’inventer, de créer, de sourire, de partager des idées et des émotions, individuellement et collectivement. Il n’y a pas d’espoir en un monde meilleur sans spiritualité et raffinement intellectuel, sans fraternité, sans solidarité, sans liberté !

Pour combattre efficacement un ennemi, il faut le connaître. Notre tâche consiste ainsi à caractériser le Front National. Le F.N n’est pas un simple mouvement traditionnel d’extrême droite. C’est-à-dire une droite extrême antirépublicaine sur l’échiquier politique voulant restaurer ou maintenir des valeurs réactionnaires et nationalistes par les élections ou par un coup d’Etat tout en garantissant par la force la domination économique et financière de la bourgeoisie. L’extrême droite au pouvoir dans l’Histoire du 20ème siècle se décline notamment ainsi : Salazar au Portugal, Franco en Espagne, le régime des colonels en Grèce et celui de Vichy en France, les dictatures militaires au Chili, en Argentine, au Paraguay, en Uruguay, en Bolivie, au Brésil,…

Le F.N est différent. Il est un mouvement de type fasciste capable à terme de conquérir le pouvoir par la voie de la légalité de la démocratie actuelle délégative, faute d’avoir les moyens de fomenter un coup d’Etat. Capable en suivant de mettre en place un nouveau type de société radicalement différente de celles connues à ce jour, en dehors du nazisme et du fascisme Mussolinien auxquels il s’apparente

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Ses potentialités de victoire combinent plusieurs facteurs : Un programme audible et percutant, un chef charismatique, une crise sociale majeure, une perte des repères en matière de valeurs, une déliquescence du P.S et de l’U.M.P, une faiblesse des organisations du mouvement ouvrier tant organisationnelle qu’idéologique.

Son objectif consiste à mettre en place une dictature pour transformer l’organisation de la société française (ses structures, ses valeurs, la relation de l’individu au groupe social, ses mœurs, ses rapports aux pays tiers) en renforçant l’Etat autoritaire.

Ses autres objectifs sont la casse des organisations du mouvement ouvrier, l’encadrement idéologique, le contrôle des médias, l’institutionnalisation du racisme, la chasse aux opposants politiques, la suppression des droits civiques, la désintégration des coopératives et des associations de solidarité, le fichage des homosexuels et des transsexuels, la domination du parti unique dans les moindres recoins du quotidien de chacun (Vie privée épiée, travail encadré, éducation orientée, accès au soins discriminatoire, culte du sport de compétition, instrumentalisation des sciences à des fins de propagande, art et culture classifiés par la censure, domination patriarcale, droits des femmes démantelés, préférence nationale en matière d’accès aux services publics, haine des pauvres,…).

Le F.N réduira massivement le chômage en rendant le travail obligatoire et en baissant drastiquement les salaires de manière à accroître le taux de profit des grosses entreprises nationales et à enrichir la nouvelle caste au pouvoir. Ce point est à souligner particulièrement car à terme la bourgeoisie économique et politique du pays pourrait très bien opérer un virage à 180 degrés, en abandonnant le crédo de la mondialisation capitaliste pour chercher la providence dans un Etat nationaliste et répressif capable de lui garantir d’une part une protection face à l’impérialisme commercial des puissances américaines, chinoises ou indiennes et d’autre part d’abaisser le cout du travail en France par la mise aux pas des syndicats, l’anéantissement du code du travail, la suppression des prud’hommes, la baisse massive des salaires des ouvriers et employés, la destructions des prestations sociales.

Songeons ainsi aux propos du 15 avril 2014 du président du Medef, Pierre Gattaz, proposant la création « d’un smic intermédiaire », inférieur au smic, « pour un jeune ou quelqu’un qui ne trouve pas de travail ». « Il vaut mieux quelqu’un qui travaille dans une entreprise avec un salaire un peu moins élevé que le smic, de façon temporaire et transitoire, plutôt que de le laisser au chômage », en embrayant sur les idées lancées par Pascal Lamy début avril. L’ancien directeur de l’Organisation mondiale du commerce, membre du PS, avait défendu, le 2 avril, la création de « petits boulots » payés en dessous du salaire minimum, sur le modèle des « mini-jobs » allemands.

Tactiquement, le F.N se désolidarise en public des groupes néo-nazis afin de se donner une image de formation nationaliste modérée et responsable capable de gérer le pays mais son idéologie, son programme, son positionnement politique, ses mots d’ordre immédiats entrent dans la lignée historique des fascismes du 20e siècle au cours de la période précédant leurs arrivées au pouvoir légalement en Italie, en Allemagne. Une fois à la tête de l’Etat, le F.N intégrera les groupuscules et les milices néonazis dans la police d’Etat, dans les polices municipales et dans l’armée.

Le F.N est perçu par ses électeurs et sympathisants comme un mouvement hors du champ politique classique : Droite/Centre/Gauche institutionnelle/Gauche radicale. N’entendons nous pas souvent autour de nous de personnes dirent qu’elles ont essayé la droite et la gauche, alors pourquoi pas le Front national maintenant….sorte de troisième voies et d’ordre nouveau dans un monde chaotique.

Malgré les dérapages antisémites de Jean-Marie Le Pen, on peut remarquer que les déclarations ou mots d’ordre du F.N sont calculés et pesés précisément. Réécoutons donc la conférence de presse de Marine Le Pen au soir de l’annonce des résultats du second tour des présidentielles de 2012 ! Réécoutons encore la prise de parole du leader du F.N au salon de l’agriculture de 2014 ! La rhétorique semble implacable !

Le F.N dit lutter contre le mondialisme (pas la mondialisation) qui est à la fois dans sa tête la finance (le libéralisme sauvage et le lobby juif international aux affaires) et l’immigration essentiellement nord-africaine. Il prétend lutter contre l’establishment, la corruption et l’inertie des élites dirigeantes. Son mot d’ordre central : Contre l’U.M.P.S résume son opposition au système.

Le F.N tire sa force également de sa capacité à s’adresser pernicieusement à toutes les couches et catégories sociales sur l’ensemble du territoire : Petits commerçants et artisans sur le thème de l’impôt, petite bourgeoisie jalousant les gros actionnaires de trusts, ouvriers et employés sur le thème de l’austérité, dirigeants d’entreprises sur le thème du coût du travail et des assistés, chômeurs sur le thème des immigrés qui prennent le boulot des français, smicards sur le thème de l’arrivée de travailleurs étrangers sous-payés, urbains sur le thème de la colonisation musulmane des banlieues, ruraux sur la désertification des services publics et commerces de proximité, jeunes sur le thème de changer le système pourri, retraités sur le thème de la délinquance, orphelins en manque d’idéologie plongeant dans la mystique ou les théories du complot. A chacun son leurre, à chacun son appât !

Historiquement, le fascisme s’appuie toujours au départ sur les forces de la petite bourgeoisie. Suite à l’accès du prolétariat au système de sécurité sociale, à l’autosuffisance alimentaire nationale via l’agriculture productiviste, à la généralisation du crédit bancaire, à l’augmentation du pouvoir d’achat, au développement de la consommation de masse, à une forte croissance économique dans lequel le chômage restait dérisoire, la crise sociale actuelle engendre une frayeur parmi les classes moyennes et populaires : ‘’On peut tout perdre et plus rien ne sera comme avant !’’

Cet apparent « embourgeoisement » du mode de vie et de pensée de l’après guerre au début des années 80 permet aujourd’hui au F.N de mordre sérieusement sur de larges franges électorales du prolétariat subissant un net recul de leur qualité de vie et de faire la jonction entre les classes populaires et la petite bourgeoisie mise à mal par la concentration accrue des moyens de production et de distribution entre les mains de multinationales.

Tout ce qui peut nous apparaître incohérent et digne d’un véritable tissu de mensonges tire sa puissance de cette capacité du F.N à ‘’dire tout haut ce que pensent les français tout bas’’ pour reprendre une phrase ancienne de Jean-Marie Le Pen. Le F.N caresse les gens dans le sens du poil.

Il est à la pointe des combats réactionnaires sociétaux (avec ses satellites fascistes sur internet), contre la théorie du genre et sur le racisme à grands renforts de fantasmes, attirant ainsi les électeurs de droite traditionnalistes.

Pour brouiller les cartes et vaincre humanistes, républicains, socialistes, écologistes, communistes, trotskistes, anarchistes, le F.N va sur leurs terrains et s’approprie leurs formules en les vidant de leurs substances progressistes, tel un vampire.

Ainsi, le F.N se prétend le champion de la laïcité mais sa conception n’a qu’une fonction discriminatoire vis-à-vis des musulmans.

Il se veut le fer de lance de la campagne contre le Grand Marché Transatlantique et pour la défense du monde paysan français mais c’est pour faire jouer le réflexe nationaliste sans jamais remettre en cause l’agriculture productiviste.

Il se présente soucieux d’écologie mais sa vision de la protection de la Terre sent à plein nez la mystification de la pureté de la nature et en arrière-plan celle de la race.

Le F.N déclare vouloir redonner la parole aux exclus mais en fait il a comme projet d’anéantir toute liberté individuelle d’expression.

Il vocifère contre la bureaucratie étatique mais veut un état fort capable de haut en bas d’opérer un quadrillage militaire de la société.

Dans le seul but de capter des anti-impérialistes perdus, il avance un antiaméricanisme primaire là où on doit encourager l’internationalisme car le prolétariat nord-américain subit aussi l’offensive capitaliste.

Il maintient la confusion entre antisémitisme et antisionisme en espérant surfer sur l’opposition à la politique d’apartheid d l’Etat israélien à l’encontre du peuple palestinien. Le F.N s’accommode cependant du dictateur Bachar el-Assad et ne voit dans les forces démocratiques et révolutionnaires que la main manipulatrice des services secrets occidentaux à la solde des juifs.

Le F.N ne va-t-il pas à l’issue des élections européennes essayer de créer des syndicats corporatistes dans le but d’accroître son influence parmi les ouvriers, les employés et d’apporter encore plus de division entre travailleurs, de confusion entre des revendications de classe et des positions mettant en avant par exemple la préférence nationale en matière d’accès aux emplois, le culte du travail, le mérite, des fêtes patronales ou préférera-t-il aspirer des adhérents et créer des oppositions internes dans les syndicats du mouvement ouvrier comme la C.G.T, F.O, la C.F.D.T, l’U.N.S.A et Sud ?

Certes pour combattre le F.N, il faut impérativement s’attaquer au chômage et à la précarité sociale, améliorer les conditions de vie matérielles du peuple (Infrastructures). La crise sociale et environnementale représente le terreau sur lequel il pousse. Pourtant c’est insuffisant ! Il faut aussi mesurer la portée de la dimension psychosociologique de sa dynamique. Entrons dans le champ de la psychologie du fascisme ! Face à l’importance des superstructures de la société (les institutions politiques, les lois, la religion, les mythes, la pensée, la philosophie, la morale), on ne peut se contenter uniquement de réponses économiques, sociales et écologistes si l’on veut vaincre le fascisme.

La précarité, le chômage, la crainte des lendemains difficiles certes mais également la peur de l’étranger, l’impossibilité de réussir par soi-même une ascension sociale, l’évolution de la composition de la famille, la relégation de la place de la France comme puissance dans le monde, la recherche de bouc-émissaires, la perte des repères, la nostalgie de temps révolus, l’envie de pureté environnementale quasi mystique, l’absence de perspectives palpables quant à un autre monde possible, l’atomisation des relations humaines encouragent le repli sur soi-même et alimentent la poussée du F.N. Fraternité et solidarité laissent place aux divisions entre catégories et à la charité. L’irrationnel prend le dessus sur la raison et la psychologie de masse du fascisme apparaît comme un remède collectif à un mal individuel alors que c’est un poison mortel pour la civilisation humaine.

Dans l’imaginaire de la gauche révolutionnaire, certains portent parfois l‘illusion que tout mouvement révolutionnaire serait progressiste et dans certains cas socialistes. Souvenons-nous de la révolution iranienne de 1979 et du retour de bâtons contre-révolutionnaire avec l’instauration de la république islamique. Ce risque n’enlève en rien le droit à un peuple de se révolter cotre un tyran mais nous incite à mesurer une forme d’angélisme un peu rapide parfois sur tout ce qui bouge au niveau d’un peuple.

Par ailleurs, si l’on s’accorde à définir le terme de révolution par le mécanisme de rupture brusque et souvent violent qui conduit au renversement d’un système en place pour en mettre un autre ayant comme objectif un changement profond de société, alors on peut affirmer que le F.N est révolutionnaire. Interrogeons-nous également sur la perception du F.N par ses partisans et électeurs. Devant un ras-le-bol général, ce parti apparaît comme un outil utile pour le changement radical même si les contours de ce bouleversement sont confus à nos yeux.

Bien sûr, au final, seront au rendez-vous de grandes désillusions et des souffrances terribles pour le peuple, y compris parmi les adeptes du F.N l’ayant porté au pouvoir par leurs bulletins de vote !

Bien sûr au final, la société fasciste sera contre-révolutionnaire et réactionnaire avant tout pour la raison suivante. L’individu sera noyé dans un tout, tant dans sa vie publique que dans sa vie privée, un tout sociétal organisé par un Etat dictatorial, lui-même dirigé par un parti unique, lui-même guidé par un chef. Contre-révolutionnaire car c’est la notion de citoyenneté qui sera balayée (Notion apparue avec les idéaux du siècle des Lumières et de la Révolution Française desquels ont débouché d’une part les doctrines socialistes et d’autre part les fondements du libéralisme économique et politique). La citoyenneté fut historiquement la naissance de la liberté individuelle et fondamentale de briser le déterminisme séculaire de droit divin et ses bras armés, l’Eglise et le féodalisme. Cette société ancienne qui rythmait le quotidien, de la naissance à la mort. A contrario, la citoyenneté fait de l’individu un sujet acteur de son devenir. Le fascisme, teinté de religion ou d’athéisme formel, nie la liberté individuelle et impose un mythe de l’Homme nouveau à jamais coulé dans le moule d’un collectif déshumanisé.

Si l’on veut saisir la capacité du F.N à apparaître comme un mouvement révolutionnaire aux yeux d’une large partie du prolétariat, nous devons effectuer les rappels suivants.

La lutte de classes est le moteur de la transformation de l’Histoire car chaque classe lutte pour sa survie : Entre les esclaves et les maîtres dans les sociétés antiques ou esclavagistes, entre les serfs et les seigneurs, entre la bourgeoisie et la royauté, entre le prolétariat et la classe capitaliste. A l’intérieur de ce rapport de force général entre classes sociales, se produisent des conflits par exemples entre les femmes et la domination patriarcale, entre les immigrés et le patronat, entre les minorités culturelles et la nation ou l’Etat centralisé, entre les peuples colonisés et l’impérialisme visant à l’anéantissement, l’assimilation, l’exploitation ou l’uniformisation des modes de vie de la mosaïque humaine, entre les salariés et les petits paysans, commerçants et artisans employeurs de main d‘œuvre qui se situent souvent à mi-chemin entre le patronat et la classe ouvrière.

La lutte de classes est une loi sociale objective qui existe depuis la division des sociétés en classes sociales. Il y a eu environ 100 000 ans d’évolution de l’espèce humaine sans classes sociales organisées, sans exploitation puisque chaque membre de la société se nourrissait de ce qui était chassé, pêché ou cueilli collectivement. Il y a une quinzaine de milliers d’années, l’apparition de l’agriculture et de l’élevage a conduit au sédentarisme, au développement des villages puis des villes, a permis aux sociétés humaines de produire de plus en plus et donc de bénéficier d’un surplus.

Ce surplus a été l’occasion d’affranchir certains membres de la communauté de la nécessité de subvenir à leurs besoins. Se développant de là une division économique du travail, une spécialisation des métiers, un contrôle des moyens de production par des minorités, l’apparition de la propriété privée des moyens de production (terres, bétails, outils, prisonniers de guerre rendus esclaves). Ce surplus ou ce surproduit social a été soit réparti équitablement lors de grandes fêtes par exemple, soit accaparé par certains membres de la société. Cette évolution fut lente, conflictuelle et progressive mais elle caractérise la division d’une société en classes.

La lutte de classes pour être n’a pas eu besoin d’être découverte et analysée par les théoriciens dont Marx et Engels, à l’instar du fonctionnement du système solaire n’ayant pas attendu les découvertes scientifiques pour régir les mouvements planétaires. Ainsi, esclaves, serfs, prolétaires n’ont pas attendu de découvrir les philosophes humanistes ou socialistes pour se révolter devant leurs insoutenables conditions d‘existence.

En quoi le prolétariat actuel (L’immense majorité de celles et ceux qui vivent de leur travail manuel ou/et intellectuel ou privés d’emplois face à une minorité détenant les capitaux tirés du sol, du sous-sol, de l’industrie, des banques et de l’exploitation humaine) serait-il révolutionnaire au-delà de cette loi sociologique de la lutte des classes ? Pas parce qu’il serait composé de femmes et d’hommes animés par une vertu altruiste, une bonté idéaliste, un destin messianique. Le prolétariat est révolutionnaire et potentiellement progressiste car son exploitation est causée par le vol de la propriété collective des grands moyens de production et de distribution au profit de la classe capitaliste. Afin de s’émanciper, le prolétariat doit nécessairement se réapproprier collectivement les biens communs, c’est-à-dire l’éducation, la santé, les sciences, la culture, la justice, la défense, les transports collectifs, les ressources énergétiques et alimentaires, les outils des principaux moyens de production et de distribution, gérer démocratiquement les choix sociétaux et les priorités d’investissement au travers d’un plan de prévoyance sociale, environnementale et culturelle. La socialisation de ces activités est l’acte fondateur de toute démarche écosocialiste conséquente !

Le prolétariat a de plus une capacité révolutionnaire car dans cette dynamique d’émancipation de sa classe attaquant frontalement la question de la propriété, il porte en lui la question majeure de la mise en mouvement d’une société communiste ou anarchiste sans classes sociales, capable de garantir à chacun la justice sociale et la liberté individuelle.

 L’Etat actuel, dont la fonction reste toujours d’assurer le pouvoir économique, politique et militaire de la bourgeoisie, étant aboli et remplacé par un système politique autogestionnaire dans lequel les citoyens effectuent collectivement, de l’échelon local à l’échelon national (et international), de bas en haut, les choix majeurs de société, participent démocratiquement à leur mise en œuvre, désignent leurs porte-paroles révocables, interdisent le cumul et le renouvellement indéfini des mandats dans le temps, garantissent la parité hommes-femmes.

Ce qui ne signifie en rien la fin de l’Histoire. Au contraire, cette perspective ouvre les portes d’une civilisation humaine libérant les potentialités individuelles, réduisant le temps de travail à une sorte de monnaie rendue par chacun à la communauté des vivants et au système garantissant en retour l’accès à toutes et à tous à une protection sociale et à une éducation libertaire.

Cependant pour qu’une révolution soit victorieuse et puisse permettre de changer de cap en direction de l’harmonisation de l’espèce humaine et de la Terre-Mère, de la relation bijective entre le moi individuel et le nous collectif, de déboucher sur l’autogestion socialiste, il faut que le prolétariat s’empare consciemment et affectivement d‘un projet émancipateur.

Face à l’idéologie dominante, seul un mouvement organisé issu de ses rangs peut l’aider à s’emparer de cette Idée et de ce désir, de lui donner des perspectives plausibles. Nous sommes au cœur de la dialectique entre l’objectivité et la subjectivité, entre la lutte de classes et la conscience de classes.

La conscience de classe est essentielle. Confronté à la faiblesse d’un projet alternatif de société écosocialiste et des organisations qui le portent, le prolétariat peut se tromper dans le choix des outils (Gauche anticapitaliste ou Front National) et dans le type de jardin à cultiver (socialisme ou barbarie avançant masquée).

Le danger réside dans ce lien grandissant entre une large partie du prolétariat potentiellement révolutionnaire et le F.N qui apparaît comme un parti révolutionnaire. La somme des deux pouvant déboucher sur une révolution qui sera contre-révolutionnaire philosophiquement et terrifiante humainement très vite après la prise électorale du pouvoir par le F.N.

La force actuelle du fascisme en France réside là. Le vote F.N n’est pas que protestataire aujourd’hui. Il devient un vote d’adhésion car il y a en apparence un projet atteignable dans l’espace (La France nationaliste) et le temps (à court ou moyen termes avec des mesures immédiates de retour au franc, la fermeture des frontières aux migrants, le protectionnisme commercial). Le F.N n’est pas que dans la négation ou l’antisystème. Il a le projet de changer l’existant, de transformer le réel.

Il est en passe de combiner simultanément l’envie de révolte du prolétariat (de moins en moins organisé suite à la casse de ses bastions industriels et de la précarisation de l’emploi) et des couches intermédiaires (petits commerçants, artisans et agriculteurs). En passe également d’effectuer la jonction entre ce ras-le-bol vécu au quotidien et une idéologie prônant un changement radical, un projet d’une France renaissant de ses cendres, désireuse de taper du poing sur la table et de donner du sens à la vie à tous les damnés de… la patrie.

En 1851, Karl Marx écrit dans ‘’Le 18 brumaire de L. Bonaparte’’ : ‘’Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé. La tradition de toutes les générations mortes pèse d’un poids très lourd sur le cerveau des vivants. Et même quand ils semblent occupés à se transformer, eux et les choses, à créer quelque chose de tout à fait nouveau, c’est précisément à ces époques de crise révolutionnaire qu’ils évoquent craintivement les esprits du passé, qu’ils leur empruntent leurs noms, leurs mots d’ordre, leurs costumes, pour apparaître sur la nouvelle scène de l’histoire sous ce déguisement respectable et avec ce langage emprunté ‘’… Le F.N : C’est une organisation, des valeurs, un programme, un discours populiste et un chef providentiel charismatique, Marine Le Pen ! Le F.N : C’est hier demain !

Voici à présent quelques outils supplémentaires dans notre combat contre le fascisme. Refuser tout fatalisme ou défaitisme. L’Histoire n’est pas animée par une destinée. Ce sont les femmes et les hommes qui font l’Histoire même si le chemin est chaotique et inconnu. A celles et ceux qui baissent les bras, ne faut-il pas leurs répondre par une question ? Est-ce qu’il vous viendrait à l’esprit d ‘arrêter de respirer pour vivre ? »

Argumenter devant les personnes de gauche qui disent que la seule solution à présent est l’accession du F.N au pouvoir afin que sa politique nationaliste irréaliste et ses attaques antidémocratiques réveillent les consciences et provoquent une vraie révolution. Un tel discours oublie vite que le F. N à la tête de l’Etat impliquerait un très large soutien de millions de citoyens à ce parti. Ensuite, le F.N s’appuyant sur des décrets et des milices interdirait aux opposants toute activité légale. Quant à la capacité des partis de gauche et des syndicats à appeler à une grève générale unitaire et insurrectionnelle pour renverser le fascisme, elle serait confrontée au légalisme des organisations socio-démocrates respectueuses de la légalité du vote majoritaire en toutes circonstances, même si l’abstention atteignait 80 % lors de l’élection ayant apporté la victoire au F.N. Il ne resterait plus qu’à entrer en résistance et sans l’intervention directe de puissances militaires étrangères, la résistance armée du prolétariat progressiste peut être défaite (pour des raisons militaires et politiques). Par exemple, les brigades internationales n’ayant pas pu seules apporter l’aide suffisante à la République espagnole confrontée aux troupes franquistes appuyées activement par Hitler. Il en va de même des F.T.P et des F.F.I en France durant la collaboration pétainiste et sous l’occupation nazie qui n’auraient pu libérer le pays sans le débarquement des forces militaires des alliés combinée à l’avancée de l’Armée Rouge sur le front de l’est.

Autres écueils à éviter : Ne pas s’imaginer que si le pays sombre dans la même situation sociale que la Grèce, une majorité de gens se tourneront naturellement vers les candidats de la gauche radicale de la même façon que ceci s’est produit lors des élections européennes mettant la coalition Syriza en tête dans ce pays. Une telle position attentiste démobilise les résistances immédiates devant les mesures d’austérité et les atteintes aux libertés. Ensuite, elle reproduit une erreur historique du Parti Communiste allemand, dès la fin des années 20 du siècle dernier, croyant que le prolétariat, confronté à la grave crise socio-économique et aux trahisons de la social-démocratie, viendrait gonfler massivement et mécaniquement ses effectifs. Cette analyse politique de l’époque portant le nom ‘’d’économisme’’ a conduit à l’incompréhension de la naissance d’un nouveau phénomène historique : le national-socialisme et le fascisme.

A l’époque, une infime minorité de penseurs a eu une perception juste de la nature de ces partis fascistes. En fait partie, le psychanalyste William Reich dans son ouvrage ‘’La psychologie de masse du fascisme’’ terminé en 1933 et résumé par Marianne Nizet dans la revue ‘’les cahiers de psychologie politique‘’ (http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=1182)

On pense aussi au dirigeant communiste Léon Trotsky exilé par Staline, dont la théorie sur le fascisme écrite en 1932 est expliquée par Ernest Mandel dans ce lien  ‘http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/cvf/cvf_intro.html).

Léon Trotsky dit notamment : ‘’Le point de départ de la lutte contre le fascisme n’est pas l’abstraction de l’Etat démocratique mais les organisations vivantes du prolétariat, où est concentrée toute son expérience et qui préparent l’avenir. ’’ Cette citation conduit à réfléchir sur cet autre danger à éviter : Le front républicain contre la montée du fascisme. Ce front républicain consiste à promouvoir l’unité de tous les antifascistes républicains, de gauche comme de droite, pour défendre l’Etat démocratique et les valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. En s’alliant, lors de manifestations ou d’élections avec la droite, le mouvement ouvrier reste sur le terrain de l’abstraction démocratique formelle, vide son programme et ses actions de tout contenu social et progressiste, prive le triptyque républicain de toute substance progressiste. Cette tactique apporte confusion et inefficacité puisque l’on appelle à manifester unitairement avec la droite. Cette droite représentant les intérêts du capitalisme à l’origine de la crise sociale favorisant la montée du fascisme, singeant souvent le programme et les valeurs des fascistes, par sympathie ou pour tenter de capter son électorat. Nicolas Sarkozy, dans une intervention prononcée en avril 2006, dit : « S’il y en a que ça gênent d’être en France, je le dis avec le sourire mais avec fermeté, qu’ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu’ils n’aiment pas »

  Deuxième partie : Perspectives pour la gauche anticapitaliste

Lutter contre le fascisme exige la constitution d’un front uni (F.U) dans l’action de l’ensemble des organisations progressistes du prolétariat (associations, syndicats, partis d’extrême gauche et partis de gauche sans exclusive aucune). Le F.U consiste à taper du poing, tous ensemble, à permettre à tous les niveaux (local, national et international) de réveiller unitairement la conscience de classe du prolétariat, sa capacité collective à inverser dans la rue le rapport de force vis-à-vis du parti fasciste, sa compréhension sur le terrain de la contradiction entre les illusions qu’il entretien encore à l’égard du Parti socialiste au pouvoir et les réponses frileuses ou hypocrites de la direction de ce parti aux exigences populaires.

Une des plus graves erreurs du stalinisme fut cette position erronée de l’Internationale Communiste (I.C) après son VIe congrès de 1928, portant le nom de théorie de « classe contre classe ». Staline analysant la situation de la manière suivante : L’I.C considérait que le capitalisme engendrait les souffrances du peuple et que le nazisme se développait à partir de cette crise socio-économique. Mais face à la social-démocratie ne luttant plus contre le capitalisme suite à ses nombreuses trahisons (Union sacrée lors du vote des crédits militaires et de la déclaration de la première guerre mondiale, collaboration de classes, le S.P.D allemand guidant l’action contre-révolutionnaire face à la révolution des communistes regroupés dans la Ligue Spartacus et contribuant au premier chef à l’écrasement puis à la répression anticommuniste. Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht seront même assassinés sur ordre du gouvernement S.P.D), L’I.C en déduisait mécaniquement et dramatiquement que les socialistes étaient responsables également de la montée du nazisme. Et d’en conclure que pour combattre le nazisme, il fallait combattre le capitalisme et donc combattre en priorité les socialistes s’y refusant. Inutile de s’étendre davantage sur la division orchestrée entre organisations de gauche et les dégâts occasionnés dans la lutte contre le nazisme.

Dans la même logique, sectaire et visant à assoir la bureaucratie stalinienne en U.R.S.S et dans l’I.C, Staline signait en août 1939 un pacte de non agression entre l’Allemagne nazie et l’U.R.S.S (Le pacte germano-soviétique). Les historiens révisionnistes staliniens le justifiant en disant que Staline cherchait à gagner du temps pour se préparer militairement. Curiosité monstrueuse quand on sait que les purges de l’avant-guerre, en particulier celle de 1937, avaient meurtri l’Armée rouge puisque la quasi-totalité des généraux modernisateurs et compétents avaient été éliminés. Quand on sait que Staline fit assassiner en août 1940 au Mexique Léon Trotsky, compagnon de Lénine et ancien chef de l’Armée Rouge mise en place par le pouvoir bolchevick à la suite de la Révolution d’Octobre de 1917. Armée populaire victorieuse des armées blanches contre-révolutionnaires soutenues par les puissances étrangères (France, R.U, Tchécoslovaquie, Etats-Unis, Empire du Japon). En fait, Staline développant en pratique sa théorie du socialisme dans un seul pays (opposée à l’internationalisme prolétarien de Karl Marx, Lénine, Rosa Luxembourg et Léon Trotsky), pour assoir son pouvoir bureaucratique face à d’éventuelles dynamiques révolutionnaires capables de renverser sa caste bureaucratique et criminelle en U.R.S.S.

Par conséquent, le front unique des organisations du mouvement ouvrier ne doit poser aucune condition à l’unité d’action entre ses organisations susceptibles de le composer. Mais suite à la mutation de la social-démocratie en social-libéralisme et à la distanciation croissante des électeurs et des militants de gauche à l’égard du P.S, reste à savoir si on doit faire aujourd’hui l’unité dans l’action avec ce parti qui cautionne majoritairement la politique de droite du gouvernement Hollande-Valls actuel ?

Si en 2014, nous voulons une cohérence, une appréciation juste de la situation et des enjeux, nous devons proposer une politique de front unique dans l’action entre toutes les organisations progressistes (associations, syndicats, partis de gauche et d’extrême gauche) sur le critère suivant : Toutes celles et tous ceux qui sont opposés à la politique d’austérité conduite par François Hollande et Manuel Valls, y compris bien sûr l’aile gauche du P.S, à condition qu’aucun de ses leaders ne soit membre de ce gouvernement se prétendant de gauche mais qui est de droite idéologiquement et dans les faits.

Sur le champ électoral, ceci signifie que nous ne pouvons plus cautionner l’orientation actuelle de la majorité du P.S en appelant à voter pour lui au second tour dans le cas d’un duel entre le P.S et la droite classique (U.M.P ou/et MODEM). L’appel à l’abstention s’imposant !

Par contre, au-delà de notre dégoût, ceci implique pour la gauche radicale, dans le cadre d’un second tour aux élections présidentielles de 2017 opposant Marine Le Pen à un candidat de droite (U.M.P ou P.S) (Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon, François Hollande, Manuel Valls, Ségolène Royal,…), d’appeler à faire barrage au F.N dans les urnes en votant pour le candidat de droite. Chacun restant libre de choisir son vote individuellement. Et ceci pour les deux raisons suivantes. Les conditions de vie sociales et les libertés individuelles du prolétariat et du peuple dans son ensemble sous une démocratie parlementaire (Même attaquées violemment par la dictature capitaliste), sont qualitativement supérieures à celles régies dans un régime fasciste. De plus, les rapports de force entre le prolétariat et la classe capitaliste sous une démocratie parlementaire bourgeoise sont plus favorables aux progressistes que dans le cadre d’une dictature nazie.

A présent, voyons notre réalité en face ! La gauche radicale (Front de gauche, N.P.A et L.O) porte l’entière responsabilité de son échec électoral aux Européennes de 2014, de ses insuffisances devant l’offensive capitaliste et les menaces du F.N.

Il est urgent d’être et d’apparaître comme un outil utile au prolétariat ! Il est urgent d’être et d’apparaître comme un outil faisant peur à la classe dirigeante ! La stratégie politique implique de marcher sur deux jambes pour avancer : L’unité dans l’action via le Front unique et la construction simultanée d’une organisation anticapitaliste et antifasciste indépendante porteuse d’un projet de civilisation écosocialiste, dans les luttes comme lors des élections.

Ce mouvement politique devant dialectiquement aider le prolétariat à résister devant l’offensive de la mondialisation libérale et la montée du fascisme tout en posant les perspectives concrètes d’une alternative au système capitaliste. En apportant des réponses sérieuses et précises à cette question majeure : Comment la société peut fonctionner mieux car autrement à partir de la réalité de 2014 ?

La réponse à cette question implique d’abord d’appliquer au sein de cette organisation l’autogestion, cette libre et démocratique association de citoyens montrant ainsi l’exemple à généraliser à l’ensemble de la société. Toute démarche autogestionnaire sérieuse exigeant collectivement de débattre, de décider, de choisir ses délégués et ses porte-paroles, d’agir sur le terrain, de tirer les enseignements en partant de la base du mouvement unitaire intrinsèquement.

C’est inconcevable d’imaginer que le Front de gauche par exemple puisse peser sérieusement demain en continuant à cantonner les militants dans le rôle de simples spectateurs attendant les décisions et les ordres d’en haut. Ce sommet organisationnel incarnant des équilibres et des rapports de force entre courants.

Ce cartel de partis ayant des histoires différentes, des stratégies à venir variées, des intérêts d’appareil, parfois des querelles de leadership pour certains et trop souvent des rythmes dictés essentiellement par les rendez-vous électoraux.

Certes le fonctionnement en cartel du Front de gauche correspond à une étape dans son processus de création et de développement mais aujourd’hui, c’est inconcevable d’interdire de fait l’adhésion individuelle directe au F.G à une ou un camarade qui n’est pas encarté(e) à l’un des partis composant ce rassemblement : P.C.F, P.G, Parti communiste des ouvriers de France, G.U, Ensemble ( Ce dernier regroupant en son sein la F.A.S.E, la G.A, les alternatifs, Convergence et alternative, une partie de la G.U et des militants non encartés devenant encartés à un parti au moment même où ils ont adhérés à Ensemble).

De quel droit puis-je voter lors d’assemblées locales ou de congrès nationaux alors que mon camarade non encarté au Front de Gauche (Car les statuts ne le lui permettent pas), avec qui j’ai plaisir à militer sous les couleurs du F.G, ne le peut pas ? Quelle vision archaïque, bureaucratique et antidémocratique donnons-nous aux sympathisants et aux citoyens ! Comment pouvons-nous espérer attirer des jeunes et moins jeunes désireux d’agir avec le F.G mais ne trouvant pas utile ou intéressant d’adhérer à un parti ? Est-ce cet exemple que nous voulons donner au prolétariat quand on lui parle d’émancipation et d’un socialisme démocratique, social et écologiste ?

Il ne s’agit pas de demander la fin des partis politiques. Ils permettent à chacun de ses membres de confronter des points de vue, d’approfondir des réflexions, d’agir en commun, de favoriser l’expression plurielle des nuances d’analyse et le respect des parcours historiques des différentes tendances. Simplement d’enterrer définitivement la notion de parti-guide.

Il ne s’agit pas d’instaurer dans le F.G, à côté des partis composant ce cartel, une catégorie nouvelle dite « des non encartés » car on ne ferait qu’ajouter un énième parti à ce regroupement : le parti des « non encartés ». De plus ce serait un non sens. En effet, lorsqu’une électrice ou un électeur se trouve dans le secret de l’isoloir ou refuse de se rendre au bureau de vote, il actionne son cerveau, à des degrés différents selon les personnes, afin d’opérer son choix politique. Le droit de vote universel direct ne s’adresse pas uniquement aux membres des partis politiques ! Pas plus que le fait de posséder une carte à un des partis du F.G rend supérieur par rapport à un militant non encarté et disponible pour militer sur la base des prises de positions programmatiques du F.G lors des élections et dans les luttes.

Il s’agit de permettre l’adhésion individuelle directe au Front de gauche à toutes celles et tous ceux le souhaitant, membre ou pas d’un des partis qui soutiennent le mouvement Front de gauche. Ainsi, la démarche autogestionnaire pourra enclencher sa dynamique à partir de ce principe élémentaire : 1 homme ou 1 femme = 1 voix.

Arrêtons cette pseudo-démocratie consultative visant à organiser des assemblées citoyennes ou des états généraux dans lesquels des débats passionnants ne débouchent jamais sur des prises de décisions nationales de la part des participants. Mettons en marche l’autogestion, de bas en haut ! Dans le cadre de nouvelles assemblées souveraines du Front de Gauche, les militants de partis politiques, comme les autres, pourront utiliser leurs intelligences, leurs connaissances multiples, leurs convictions, leurs capacités de persuasion. Le consensus sera monnaie courante et si besoin nous voterons pour déterminer un choix majoritaire en respectant les libres expressions minoritaires. Un collectif national du Front de gauche élus démocratiquement, disposant d’un collège de représentants des partis le soutenant ayant le statut d’observateurs, se devant de mettre en œuvre les orientations définies dans les communes et les départements par les équipes locales.

Cette décision organisationnelle n’est pas seulement portée par une conception de la vraie démocratie socialiste. C’est encore l’idée que sans un Front de Gauche autogestionnaire, le prolétariat ne pourra pas disposer d’un outil capable de s’approprier son devenir par le fruit des expériences, de créer un rapport de force vis-à-vis de la classe capitaliste. Pas plus que d’avoir entre les mains un outil capable de l’aider à créer les conditions de l’émergence d’une société post-capitaliste à caractère écosocialiste.

L’unité nécessaire de tous les anticapitalistes pourra ainsi se concrétiser par la mise en commun fraternelle des intelligences, des expériences, des savoir-faire au niveau local pour commencer, même si d’emblée un cadre de regroupement national doit exister. C’est dans l’interaction entre l’individu et le collectif que peut s’élaborer dans la confiance un programme et un plan d’actions efficace sur la durée.

Le Front de gauche autogestionnaire doit être cet instrument sinon le Front de gauche actuel sombrera dans l’inefficacité et les divisons, l’implosion ou l’explosion. Ce serait un vaste gâchis et une marque d’irresponsabilité collective porteuse de lourdes conséquences.

Jean-Jaurès le 05 octobre 1906 : ‘’Les forces économiques accumulent entre les mains de quelques-uns la richesse et la puissance et entassent sur les autres la servitude et la misère ‘’ Jean Jaurès, le 12 décembre 1908 : ‘’Tout mouvement collectif ne vaut que par la valeur des énergies individuelles ‘’.

Il est grand temps de décider collectivement de lancer cette démarche nouvelle. En s’adressant à toutes les femmes et tous les hommes de gauche cherchant un espoir, à tous les partis de gauche (Le P.S n’en étant plus un) et d’extrême gauche, aux libertaires, aux courants du P.S en passe de le quitter, à Nouvelle Donne, aux militants syndicaux et associatifs, avec comme seul critère l’opposition à la politique d’austérité gouvernementale et à la mondialisation capitaliste, en leur demandant de soutenir activement cette dynamique et d’y participer.

En mettant en place des assemblées souveraines citoyennes ayant comme objectif d’organiser unitairement la résistance au capitalisme et au fascisme, l’élaboration collective d’un programme écosocialiste fondateur qui sera officialisé lors de la tenue d’un congrès national dans un an environ.

En avant pour la mutation qualitative du Front de gauche actuel en Front de gauche autogestionnaire soutenu par des partis et mouvements politiques ! Ce Front de gauche autogestionnaire se constituant juridiquement en association nationale car si la double appartenance à deux partis politiques est inconcevable rien n’empêche un adhérent d’un parti politique d’être partie prenante d’une association, d’y prendre sa carte et toute sa place.

 Le Front de gauche autogestionnaire devra également agir en combinant les axes suivants

Sur les terrains local, national et international, œuvrer à la résistance quotidienne unitaire contre l’offensive capitaliste et la montée du parti fasciste (Défense des services publics, du système de protection sociale et des retraites, mobilisations contre les plans de licenciement et la précarité, mobilisations contre les atteintes aux libertés et les menaces portant sur les droits des femmes, solidarité avec les immigrés et les minorités sexuelles, mobilisations face aux attaques environnementales et à l’agriculture productiviste) en avançant nos analyses et réponses spécifiques.

Encourager des campagnes centrales unitaires dans le but de repousser par exemple le Grand Marché Transatlantique. C’est dans la pratique que les convergences entre diverses organisations peuvent être surmontées, fédérant les partis et les citoyens autour de l’essentiel.

Ce travail explicatif se doublant d’actions symboliques comme celle visant au vote de motions par les conseils communaux, intercommunaux, généraux et régionaux mettant ces collectivités territoriales hors G.M.T. Ce travail explicatif se doublant d’actions empêchant par exemple une étude de forage de gaz de schiste ou la mise en culture de champs d’O.G.M. Ces initiatives sont pédagogiques. Elles posent une ligne de fracture entre la dite légalité s’appuyant sur des lois au service de la classe dirigeante et la légitimité des droits humains fondamentaux visant à tourner l’économie vers la satisfaction des besoins humains en matière de santé physique, mentale, psychique, sociale et environnementale.

Face aux privatisations des services publics, à la marchandisation de toutes les sphères de l’activité humaine, à l’instauration d’une santé, d’une éducation ou d’une alimentation à deux vitesses (public/privé, pauvres/riches) la résistance doit être immédiate sur le terrain de projets alternatifs locaux. Il faut aider à la mise en place par exemple de centres de santé public, à la création de coopératives publique de production maraîchère à caractère biologique créatrice d’emplois et garantissant à la population une nourriture de qualité abordable financièrement. Ces projets ont le pouvoir d’associer les citoyens tant dans la réalisation que dans la gestion participatives, recréant par la même des liens de solidarité et de fraternité nécessaires à la conscience de classe. Certes, ces expériences autogestionnaires sont confrontées aux limites posées par un environnement national sous l’emprise de l’économie capitaliste (le marché) et du pouvoir politique actuel (capable de légiférer dans le but d’interdire ce type d’initiatives populaires) mais elles représentent aussi des points d’appui dans la nécessaire avancée d’un rapport de force.

En effet, pour passer d’une société capitaliste à une société post-capitaliste visant la transformation de la civilisation de type occidentale en civilisation écosocialiste respectueuse des modes de vie des civilisations premières existantes à ce jour, une dualité de pouvoir (entre les organisations du prolétariat et celle de la bourgeoise capitaliste) peut s’affronter en une apparente coexistence parallèle plus ou moins longue qui débouchera sur le renversement ou pas de l’Etat central, via un processus révolutionnaire liant la démocratie directe des assemblées populaires à la base, la mobilisation unitaire sur le terrain social, le projet d’une nouvelle constituante et sa confirmation par un vote démocratique lors d’élections générales.

On pourrait très bien envisager dans cette logique, si nous en avions les moyens militants, de favoriser des assemblées citoyennes proposant et votant des contre-projets alternatifs au niveau des communautés de communes. On pourrait en faire de même en encourageant un Parlement européen citoyen, parallèlement à l’existant, proposant des mesures alternatives, un contrôle des représentants, un fonctionnement pleinement démocratique et l’usage de referendums dans le choix final parmi les différentes options en débat.

Ainsi, dans le cadre de la société existante et de sa domination libérale, toute avancée minime sur le terrain ou toute réforme progressiste parlementaire issue des luttes sociales et environnementales doivent s’inscrire dans une dynamique de transformation non linéaire mais procédant par reculs et avancées puis par accélération de sauts qualitatifs majeurs.

Ce dernier point exigeant que l’internationalisme opposé à la mondialisation capitaliste de type libéral ou stalinienne (Chine) se dote d’un outil permanent : Une nouvelle internationale prolétarienne ouverte à tous les mouvements anticapitalistes européens et mondiaux, capable de fédérer les expériences diverse, les rythmes multiples, dans le respect des différences culturelles, historiques et sociales, capable de regrouper tous les damnés de la Terre autour d’un programme réconciliant la Terre-Mère et la culture humaine.

Il va de soi, que si un pays comme la France enjambe la barrière, la faisant passer d’un champ de mines capitaliste à une prairie à cultiver différemment, cette expérience aura une portée internationale, une valeur universelle, capable d’entraîner dans la même direction d’autres peuples, renforçant en retour l’approfondissement de cette révolution française du XXI e siècle.

Reste à écrire nationalement le programme du Front de gauche autogestionnaire. Il faut créer un groupe de travail pluraliste réfléchissant sur la méthode permettant réflexion, débat et choix collectifs, de bas en haut, des assemblées locales souveraines au congrès national. Proposer un questionnaire non exhaustif afin de lancer la démarche semble pertinent.

Ce programme devant apporter des réponses concrètes aux questions immédiates, des réponses transitoires sur la façon de partir de la société existante en 2014 pour commencer à changer de cap, des réponses concrètes à la question fondamentale : Qu’est ce que l’écosocialisme en tant que civilisation post-capitaliste ?

Quelques questions :

Quel fonctionnement aurait la socialisation des grands moyens de production et de distribution ?

Quel système de protection sociale ?

Qu’est ce qui relèverait des biens communs et des biens privés ?

Comment contrôler l’argent et le système bancaire ?

La dette est-elle légitime ? Faut-il la rembourser ?

Comment éviter les départs de capitaux à l’étranger et l’évasion fiscale ?

Quels types d’investissements prioritaires avec l’argent public ?

Comment organiser une agriculture non productiviste et répondant aux besoins alimentaires (Quantitatifs et qualitatifs) ?

Quelle transition écologique ?

Faut-il la gratuité des transports en commun ?

Quels sont les droits des animaux ?

Comment assurer le plein emploi tout en se désaliénant du travail ?

Quelle grille de revenus ?

Quel type de Parlement voulons-nous ?

Qu’est ce qu’une société pleinement laïque ?

Quels médias encourageons-nous dans le respect de la liberté de la presse et de l’audiovisuel ?

Comment faire d’internet un outil au service des libertés individuelles ?

Comment réaliser l’égalité entre les femmes et les hommes ?

Quels nouveaux droits des femmes ?

Qu’est que la citoyenneté (Droit du sang et droit du sol) ?

Qu’est-ce que l’égalité entre français et immigrés ?

Quel fonctionnement de la justice et de la police ?

Quel type de défense militaire ?

Comment lutter contre la mafia ?

Quelle position adoptée par rapport à la prostitution ?

Qu’est ce que la délinquance ?

Que faire à la retraite ? A quel âge ? Quelles structures d’accueil ?

Quels droits en fin de vie ?

Quelle position sur le droit à l’euthanasie ?

Comment garantir la démocratie dans les entreprises publiques et privées ?

Quels outils de fonctionnement démocratiques autogestionnaires dans les institutions ?

Quels mandats donner à nos représentants dans les instances internationales ?

Comment assurer l’universalité des découvertes scientifiques et médicales notamment ?

Quel système éducatif pour quel type d’éducation ?

Quelle formation tout au long de la vie ?

Qu’est ce que la culture et les loisirs dans leur dimension émancipatrice ?

Quelle est la place du sport dans la société ?

Comment extirper le racisme, l’antisémitisme et l’homophobie des mentalités ?

Comment assurer la pleine intégration des personnes handicapées ?

Qu’est ce qu’un enfant et quels sont ses droits ?

Quels sont les droits des minorités culturelles ?

Qu’est-ce que la totale liberté en art ?

Quelle différence entre spiritualité humaine et religion ?

Faut-il légaliser la vente déclarée et contrôler ainsi que l’usage du cannabis ?

Quelles sont des mesures concrètes de solidarité internationale avec les autres peuples ?

Quel droit à l’autodétermination des peuples des DO.M-T.O.M ?

Qu’est ce que la sexualité ? Qu’est ce que l’amour ? Qu’est-ce l’amitié ? Qu’est que la fraternité ?

Et tant d’autres questions encore…. Et de réponses à apporter !

Ce nouveau programme du Front de gauche autogestionnaire devant se traduire par la publication d’un livret synthétique, précis et lisible par toutes et par tous, qui sera utilisé très largement par l’ensemble des militantes et des militants allant en débattre autour d’eux dans les quartiers et les villages, dans les entreprises et les universités, sur les marchés.

Lors d’un débat public, Je suis intervenu sur nos positions anticapitalistes. Le député de Dordogne Germinal Peiro a avancé ceci : ‘’ Je suis d’accord avec tes propositions mais c’est utopique et non réalisable !’’…et moi de lui répondre : ‘’Tu fais une confusion entre utopie et difficultés à mettre en œuvre une autre politique compte-tenu de la puissance du capitalisme. Ce qui est irréel c’est de croire comme toi que la société actuelle peut perdurer ainsi durant des décennies encore,… ‘’ Aujourd’hui, Germinal Peiro soutient le gouvernement de Manuel Valls et a voté sa confiance pour poursuivre la politique d’austérité.

Tous ensemble pour un Front de gauche autogestionnaire ! Tous ensemble pour une civilisation post-capitaliste et écosocialiste !

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